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Par ordre alphabétique

 

 

 

Château de Crevin et la libération de Bossey

[texte de Pierre Bosson – 06.06.2020]

Le mercredi 16 août 1944, des éléments appartenant à la 1ère compagnie de l’Armée Secrète (A.S.) commandée par Marcel Fivel-Demoret alias lieutenant Claude, prennent position à l’aube autour du château de Crevin où était stationné un détachement de douaniers allemands.

Après des échanges de feux nourris, les maquisards reçoivent l’ordre de regagner Saint-Julien pour arrêter la progression d’une colonne allemande de secours qui a franchi le Rhône au Pont Carnot et qui se dirige sur Valleiry. Pour éviter un combat meurtrier, le lieutenant Claude négocie le départ de la garnison du château contre son passage en Suisse.

Les douaniers, constatant la levée du siège et considérant que l’évolution de la situation militaire ne leur était pas favorable quoiqu’il advienne, profitent de la nuit pour quitter le château. Pour dissimuler leur mouvement, ils passent par les bois au pied du Salève.

Le village de Bossey était désert, les habitants s’étant réfugiés au café Franco-suisse en territoire suisse.

Le 17 août à 1h30 du matin, vingt-cinq douaniers allemands arrivent au poste frontière de Troinex pour demander leur internement en Suisse ce qui leur est accordé.

C’est ainsi que Bossey a été libéré et que le château de Crevin échappa à une probable destruction si l’affrontement avait perduré.

Ces événements firent deux morts, un Français, Jean Eusébio tué par l’Allemand qu’il avait abattu..

Douane du Pas de l’Echelle le 16 août 1944

[texte de Pierre Bosson -06.06.2020]

Cette photo a été prise devant la douane française du Pas de l’Echelle aujourd’hui démolie. Elle était située sur l’emplacement de l’actuel bureau au bord de la route nationale. Le photographe se trouvait sur la route face à la douane et à la Suisse.

Il s’agit d’une section de l’Armée Secrète (A.S.) appartenant au groupe « France d’abord » qui avait pour mission de se positionner dans la descente du Pas de l’Echelle sous le Bois-Salève en vue de s’opposer à une éventuelle arrivée de renforts allemands venant d’Annemasse pour dégager le château de Crevin attaqué par la Résistance.

On distingue sur la photo de gauche à droite : Louis Annessi – Henri Chavaz venu accueillir les maquisards – Georges … – Louis Montel chef de section – Albert Cons – Max Reyrolles – René Chatenoud – le douanier Dijoud et René Dielenseger.

On remarque que ces hommes sont équipés d’armes légères sans aucun doute inadaptées à leur mission. Finalement, les Allemands restèrent à Annemasse, retranchés dans l’Hôtel Pax. La ville sera libérée par les Forces Françaises de l’Intérieur (F.F.I.) le 18 août.

Exutoire (le « trou »)

[texte de Pierre Bosson – 29.03.2020 / 17.04.2020]

Dans le domaine de l’eau mais cette fois concernant le « trou » en amont de l’Arve, il s’agit de l’exutoire en France du collecteur principal des eaux pluviales provenant du village de Veyrier.

Il y a quelques mois, les autorités françaises sont intervenues auprès de leurs homologues genevois car les rejets n’étaient pas conformes. On relevait régulièrement la présence d’eaux usées provenant de réseaux unitaires ou de séparatifs branchés à tort sur ce collecteur.

En réponse aux sollicitations françaises de mise aux normes, des travaux sont en cours pour dévier le collecteur vers un déversoir dans l’Arve qui restera en France. Cet investissement est probablement justifié par la vétusté du tuyau mais surtout par l’intérêt d’un rejet direct dans la rivière pour ses capacités de dilution.

Il faut aussi espérer que le remblaiement de l’impressionnante tranchée réalisée dans les champs ne dénaturera pas le paysage et qu’il ne s’agit pas de créer une voie dédiée à la maintenance du réseau.

Prise d’eau des moulins de Sierne

[texte de Pierre Bosson – 29.03.2020]

« Elle se situe au niveau de la borne n° 97. Elle alimentait un canal d’arrivée construit en 1794 par deux entrepreneurs de Chêne, Jacques Brun et Pierre Paul [Histoire d’un hameau genevois – Sierne à travers les siècles – Corinne Walker – Georg Editeur – 2009].

Parmi les dispositions prises lors du traité de Turin du 16 mars 1816 pour déterminer la frontière du nouveau canton de Genève, il est précisé que la limite (borne n° 97) sera marquée à deux toises [une toise de Savoie = 2,174 mètres] au-dessus de la prise d’eau. En la situant ainsi sur le territoire du canton, l’alimentation des ouvrages était garantie. A contrario, le cours du Foron est resté en totalité en Piémont-Sardaigne pour garantir l’alimentation en eau des nombreux moulins situés en rive gauche de la rivière. »